Démocratie réelle maintenant!

Les crises se succèdent, sans jamais aboutir à des solutions pérennes. Elles ont été érigées en système, elles font partie de l’ordre établi. Mais dans tous les pays, c'est le peuple qui subit les conséquences de l'infamie, tandis que les puissants accumulent les profits.

Après la faillite du système bancaire et financier globalisé, et son sauvetage par la puissance publique, ce sont les nations qui doivent endurer la rigueur et l'austérité, les coupes budgétaires dans l'éducation, la santé, le logement, la culture et la solidarité, pendant que les banquiers et les spéculateurs requinqués spéculent sur leur tête. Ils plantent leur couteau dans le dos de ceux qui les ont sortis de l'eau... On vous dit qu'ils ont remboursé l'argent qu'ils ont emprunté pour se renflouer. Mais qu'en est-il des dommages et intérêts? Peut-on mesurer les conséquences de leurs méfaits? La société, gouvernée par la peur et la cupidité, soumise à la loi du plus fort et de la rentabilité, est jetée en pâture aux marchés financiers.

L’effondrement du système en 2007-2008 aurait dû nous amener à le remettre en cause dans sa globalité, mais nos dirigeants ont choisi de le remettre sur pied et de le préserver tel qu’il était. Pour ce faire, on a focalisé sur des symptômes, stigmatisé les paradis fiscaux, les stock-options, les parachutes dorés ou les bonus des financiers, négligeant ainsi le fond du problème, sa source profonde, qui fait tourner le monde. L'aristocratie financière et manufacturière peut continuer de prospérer.

Ils ont transformé une crise de la finance privée en crise de la finance publique, via la recapitalisation du système bancaire sans condition. C’est toujours le même crédo : privatisation des gains, mutualisation des pertes. On connait le scénario : appliquer la stratégie du choc aux sociétés qui s’accrochent à leurs droits sociaux. Profiter d'un fléau, en l’occurrence la crise, qui a bon dos, qui tétanise, pour lancer des projets néolibéraux. C'est ainsi que le système génère de nouvelles contradictions, ainsi que les forces agissant pour sa destruction. Ce n’est pas la branche qu’il scie, c’est le tronc.

Nous sommes indignés de voir la ville de Montpellier se métropoliser, se globaliser, se faire piller, vampiriser, corrompue par la tyrannie de l’argent-roi qui étrangle nos libertés, par la dictature des marchés qui affaiblit la démocratie et déshumanise la société, par l'obsession du profit qui ne cesse de gagner du terrain, pollue l'environnement et détruit l'humain. Nous fustigeons la classe politique vassalisée, impuissante à faire face au chantage des banquiers, incapable de porter un vrai changement, afin de réguler le climat et le vivre ensemble. Nous incriminons les députés qui font mine de nous représenter et nous déplorons l’indifférence des administrés et l’absence de solidarité... Nous ne voulons plus être complices de leurs crimes contre l’humanité.

Il faut juguler la compétitivité exacerbée, briser la bureaucratisation néolibéralisée, lutter contre la métropolisation à marche forcée, transformer nos prises de consciences en actes et en revendications. Nous devons "penser global et agir local". Nous ne laisserons pas les multinationales (nos champions nationaux tels que Vinci, Véolia et Cie) vampiriser nos territoires, menacer la nature, dégrader nos biens communs, l'eau, l'air, la terre et la biodiversité. Nous ne les laisserons pas nous transformer en marchandises, en chair à production, en tube de digestion.

Les Etats et les organisations supralocales ont démontré leur incapacité à édifier la société pacifiée dont on a besoin. La gauche au pouvoir est dans le compromis jusqu’à la déraison. Elle a oublié ses promesses, son ordre de mission. L’adoption du traité budgétaire européen a sonné comme une trahison. Son cramponnement à la croissance, ses propos sur la compétitivité, le report de la fiscalité écologique, lui ont ôté toute crédibilité. Le pays poursuit sa fuite en avant.

Nous portons des propositions concrètes sur le système politique, économique et social. Nous exigeons le respect des droits fondamentaux, civils et politiques, économiques et sociaux. Une alimentation saine, un logement décent, un travail digne, une éducation consciente, une véritable participation politique, la liberté et l’épanouissement personnel de tout un chacun.

Pour éveiller durablement les consciences et montrer notre engagement et notre détermination, nous organisons une manifestation permanente pour une démocratie réelle, plus juste et plus directe. Nous voulons nous réapproprier l’espace citoyen et la parole politique, en érigeant des campements sur les places publiques, des espaces de liberté, des lieux de résistance et d’émancipation de la société. Des campements pour réfléchir à notre avenir et à celui de nos enfants.

Le mouvement des Indignés, réprimé par la violence policière et l’incompréhension, la haine de ceux qui veulent que rien ne change, transporte les germes du changement global, d’un nouveau paradigme. De nouvelles formes de politiques, d’économies, d'habiter, de faire et de vivre ensemble arrivent à maturité pour refaire société, et contribuer à la guérison du monde plutôt qu'à sa destruction.

Contre-pouvoir citoyen

Les questions qui nous concernent ne doivent plus être débattues dans des forums fermés par des politiciens et leurs experts du bien commun. Il faut nous en emparer, et construire ensemble des réponses appropriées. Si nous voulons guérir les maux de notre temps, réduire les fractures sociales et la facture environnementale, alors nous avons besoin d’une démocratie réelle, participative et associative, et non d'un placebo. Le principe actif, c’est la participation populaire dans les affaires publiques.

A défaut, on génère un effet nocebo. La démocrature, c'est la dictature des marchés et de l'argent-roi sous les apparences trompeuses de la démocratie formelle représentative. La maladie, c’est l’anomie, l’apathie, le repli sur soi, la servitude volontaire. Le cancer, c’est la corruption, l’arbitraire, la gabegie. Il n’y aura pas de rémission par l'homéopathie. Ce n’est pas en allant voter tous les cinq ans que les citoyens peuvent orienter la politique dans un sens éthique.

Pour nous libérer de nos fers, il faut d'abord affranchir les maires et les élus de la pression des "partenaires" financiers, bancaires, industriels et commerciaux. Face au pouvoir de l'argent, on ne peut qu'opposer la puissance du nombre, le pouvoir du peuple, la démocratie réelle, ici et maintenant! Il faut partir de la base et déployer partout la légitimité démocratique, la culture démocratique du débat d’idées, l’aspiration à la liberté. Notre liberté se trouve aujourd’hui dans notre pouvoir de concertation.   

Si nous voulons remettre de l’humain dans l’urbain, alors nous n’avons pas le choix : le Souverain doit reprendre ses affaires en main. Si nous déléguons le pouvoir par l’élection, nous devons aussi le contrôler et le guider par la participation.

Pour influer sur le cours des choses, il faut exister à chaque niveau d'organisation, conjuguer notre citoyenneté à tous les échelons (municipal, départemental, régional, national, européen, mondial). Ainsi font les lobbies.

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