Projet urbain Montpellier 2040

Alerte à la métropolisation

Montpellier 2040

Conférence inaugurale - Salle Pétrarque - Mardi 4 décembre 2012

La mise en débat du projet 2040, terme lointain, dans un contexte difficile, peut apparaître comme une curiosité, mais elle est partagée par nombre de villes européennes.

Programme en 3 temps :

  • Paroles politiques : H. Mandroux (introduction), M. Delafosse (processus) et Moralès (cadre métropolitain) ;
  • Visions d’experts : B. Secchi, J.-P. Volle et G. Cusy ;
  • Débats enregistrés et diffusés sur Internet.

Habitués aux projets urbains par le haut, les Montpelliérains vont-ils retrouver le sens du partage ?

Discours d’Hélène Mandroux

La réponse est donnée par le nombre de personnes présentes. Avec M. Delafosse et ses services, nous sommes dans le futur et la participation citoyenne...

projet-urbain-montpellier-2040.docx projet-urbain-montpellier-2040.docx

051.jpg

Alerte à la métropolisation !

La mise en débat du projet urbain Montpellier 2040, terme lointain, dans un contexte difficile, où l’avenir reste incertain, n’est pas vraiment une curiosité, nous dit-on. Car elle est partagée par nombre de villes européennes. Nous sommes en effet soumis à un processus européen de métropolisation des politiques publiques, visant à nous positionner dans la compétition urbaine mondiale.

Si on évoque un futur aussi lointain, c’est pour mieux dissimuler la forfaiture au quotidien, les menées du projet Montpellier 2020. On veut légitimer le grand projet métropolitain, sans prendre en considération l’avis des citoyens. On fait du marketing urbain, on jette le voile sur la dure réalité, le chômage et la pauvreté, le creusement des inégalités. Pendant qu’on nous trépane avec des ambitions sans limite, la société se délite. On abandonne la ville aux affres du marché, aux édiles de la fuite en avant.

Ce projet est imposé d’en haut, du plus haut sommet d’un Etat vassalisé. Il traduit, poursuit, approfondit le changement de paradigme des politiques territoriales, opéré dans les années 80 par la contre-révolution fiscale, néolibérale. On est passé d’une logique de solidarité, de redistribution, à une logique de compétitivité et de domination. On a promu les territoires les mieux armés, les plus à même de soutenir la concurrence généralisée. On les a engraissés d’argent public, pour qu’ils atteignent la taille critique, une dimension internationale. On les a mis en concurrence pour attirer les capitaux et les entreprises, les hommes et les marchandises. Nous savons que ce chemin mène à la crise.

Ce projet n’est pas nouveau. Il a déjà montré son entière inefficacité et sa toxicité. Il revient aujourd’hui sous de nouveaux oripeaux, avec le même crédo : croissance et compétitivité. On prépare le fléau. Frêche, dans les années 80,  s’est embourbé dans cette logique de communication marketée et de compétition des territoires. A Montpellier on n’a pas attendu la crise pour se sinistrer. « Montpellier la Surdouée » a boosté la croissance de sa démographie, mais pas celle de son économie. Elle demeure la métropole la plus pauvre du pays. Le taux de chômage y atteint des sommets. Cette stratégie qui n'a pas marché en période de croissance peut-elle nous sortir de l'ornière en pleine crise? 

Au fin fonds de leurs contradictions, on recherche la qualité de la métropole sans les effets négatifs de la métropolisation, la performance économique sans régression écologique, une présence mondiale sans enkystement social. C’est de la manipulation mentale. On veut faire de Montpellier un modèle à sa façon, un nœud de coordination du commerce mondial, mais aussi un parangon de développement soutenable. Dans le monde réel, il faudra choisir : voulons-nous bâtir une ville globale, compétitive et attractive, ou une ville durable, participative et associative ?
Hélène Mandroux a tranché : elle lance la Ville à l’assaut du monde : « C’est parti comme en 40, mais avec la victoire au bout ! » Elle nous envoie sur le front de la mondialisation néolibérale, mais ne répond toujours pas aux préoccupations sociales, ni à la volonté générale, ni à l’intérêt général. Nous ne sommes que des pions, des soldats sans nom, de la chair à production, des tubes de digestion.

Le Maire est devenu un véritable entrepreneur, pas vraiment bâtisseur, mais gestionnaire de l’économie globale, sous-traitant les services et privatisant les bénéfices, déléguant aux multinationales, aux grands prédateurs des ressources locales, la gestion de l’eau, des parkings, l’assainissement, le nettoyage, la construction des grands équipements structurants. On assiste à une prolifération de partenariats public-privé, au pillage organisé des collectivités.

La collectivité est une vache à lait. Avant de la déclasser, on va la pomper jusqu’à la dernière goutte. On l’a sommée d’abandonner ses secteurs rentables aux rentiers, aux oligopoles privés, et de se mettre au service de leurs intérêts, de subventionner leur recherche, leurs embauches et leurs débauches, au sein du pôle mondial de l’eau et des autres pôles de compétitivité. On leur a servi sur un plateau les commandes publiques, la gestion des services urbains et de nos Biens communs. Mais l’obsession du profit ne les conduit pas à assurer la meilleure qualité, ni la meilleure tarification… On a mis à leur disposition des hôtels et des pépinières d’entreprises, des PME-PMI réduites à un état critique de sous-traitance, assujetties à la plus rude concurrence. On leur a offert la connexion grande vitesse et très haut débit, la fibre optique. On a réduit leurs charges pour augmenter leurs marges.

La pensée unique a envahi l’esprit de nos Politiques. On vend la ville aux oligarques, on vend des réalisations et une image de marque, la marque de l’excellence économique, celle du néolibéralisme hégémonique. On lance des campagnes de communication pour attirer les sièges sociaux et les capitaux, mais aussi pour manipuler l’opinion publique, en vue de leur procurer un alibi démocratique. La Ville et l’Agglo travaillent main dans la main, pour mieux nous imposer leur vision de demain, la croissance pour toute fin, la réduction des dépenses de solidarité. C’est la métropolisation à marche forcée, qui ne dit pas son nom, sa vraie finalité, répondant aux canons de la globalisation, aux injonctions du grand capital, aux diktats des marchés, au chantage des banquiers, aux directives des eurocrates. On assiste à l’oligarchisation du pouvoir montpelliérain, par le truchement des délégations de compétences à l’Agglo, institution sans légitimité, ni représentativité. On a d'abord renforcé le pouvoir des maires par une décentralisation autoritaire, non démocratique, sans participation populaire dans les affaires publiques, puis on a délégué ses compétences à l’Agglo. Le déficit démocratique est justifié par la nécessité de renforcer l’exécutif pour devenir compétitif. Parallèlement, on a déstructuré les organisations et les espaces de mobilisation politique qui permettaient l'implication des habitants dans la vie de la cité. On les a encadrés, institutionnalisés, pour mieux ensuite les cornaquer ou les liquider.

Le Président de la Région part lui aussi du principe qu’il faut aller de Sète à Alès pour dépasser le million et faire métropole. On voudrait nous faire croire que le rayonnement métropolitain étendra ses bienfaits sur tous les citoyens du Languedoc-Roussillon, et au-delà. Montpellier, « capitale du Sud de l’Europe et du Nord de la Méditerranée », va pouvoir tirer le Sud et sa région, tout du moins ceux qui auront accepté leur « fusion-acquisition » par la communauté d’agglomération. 

Montpellier veut jouer dans la cour des Grands, mais en attendant, elle passe pour « le mastodonte qui pille ou le nain dans la compétition ». Dix fois plus petite que Barcelone, elle n’est pas plus rivale de Marseille ou Toulouse. Par contre, les autres villes de sa région, Nîmes, Sète, Béziers, Alès ou Perpignan, souffrent fortement de ses orientations et de son esprit conquérant. L’arrière-pays est devenu secondaire. Les liens se forment désormais entre métropoles au niveau planétaire, avec Rio, Shanghai, Singapour, Pékin...

On vante les mérites de la métropole pour ses économies d’agglomération, la mutualisation des coûts, la mise à disposition des équipements et des services au profit de toute l’économie. Mais au final, elle nécessite des moyens financiers astronomiques, pour s’insérer dans les circuits de la mondialisation, développer le tourisme d’affaires et de congrès, des infrastructures hôtelières, routières, autoroutières, ferroviaires, aéroportuaires, un urbanisme de prestige, des bâtiments d’architectes de renommée mondiale, une programmation culturelle de dimension internationale...
Si on la loue, c’est surtout pour son pouvoir d’impulsion politique, affranchi des règles du jeu démocratique, pour ses délégations, ses privatisations, ses restructurations. Il faut dégraisser la puissance publique. Après avoir anéanti sa propre capacité d’expertise, la collectivité se laisse guider par des experts, des consultants, des avocats d’affaires, des représentants, mercenaires du conseil privé, en charge d’élaborer de nouvelles niches fiscales, de démanteler l’Etat social et d’accaparer les richesses locales. 

Pour faire partie du club des villes globales, Montpellier doit attirer sur son sol des multinationales. Mais elle n'accueille en fait que des succursales. C’est la course au moins-disant social et fiscal pour les appâter, pour concentrer et accumuler le grand capital financier, mais c'est aussi le matraquage fiscal pour les administrés, les commerçants, les artisans... Quelqu’un doit payer leurs libéralités.

L’innovation est au centre de l’intérêt. On investit dans l’économie de la connaissance, qui n’est pas toujours celle de l’intelligence. Elle est si souvent mal inspirée, quand elle est le fruit de la cupidité, quand elle nourrit le seul profit, quand elle conduit à la dévastation plutôt qu’à la guérison du monde, au brevetage et à la marchandisation du vivant, à la production des agro-carburants, à la diffusion de mauvais médicaments, à la promotion du nucléaire civil et militaire, à la diffusion permanente de nouveaux objets de consommation à obsolescence programmée, etc.
La politique technopolitaine, à partir du milieu des années 80, puis celle des pôles de compétitivité, lancée en 2004, avaient pour but de tisser des partenariats entre les universités, la recherche et les entreprises, afin de développer l’innovation et générer des milliers d’emplois hautement qualifiés. On a offert aux multinationales les conditions optimales de leur épanouissement. Elles mobilisent nos chercheurs pour développer leur politique de puissance… Elles font des profits, mais où sont les emplois promis ?  

Pour encore plus de profits, on licencie à Sanofi: 6 Md€ de dividendes et plus de 250 postes détruits à Montpellier. Pour être compétitif, il faut licencier, délocaliser. La Bourse apprécie ces licenciements qui font grimper les valeurs et multiplient les profits. Pour servir toujours plus de dividendes aux actionnaires et maintenir le peuple dans la servitude volontaire, tous les coups sont permis.

N’allez pas croire que le chômage de masse soit un inconvénient. Bien au contraire, pour eux, c’est une bénédiction, la condition première de l’exploitation, car il permet de contenir les revendications salariales et sociales. Il donne aux travailleurs pauvres l'illusion de la bonne fortune. De même, quand on nous dit que « la migration est une richesse, au même titre que la croissance », il faut entendre par là qu’elle tire vers le bas le niveau des salaires, qu’elle alimente la bulle immobilière et qu’elle nourrit la croissance démographique, premier critère de la métropolisation montpelliéraine. L’accumulation du capital et la précarisation sociale vont de pair dans le système néolibéral.  

C’est avec IBM que la ville a pris son envol en 1964. La greffe a bien pris. Les NTIC fournissent les moyens technologiques de la globalisation. IBM a le projet de rendre la ville plus intelligente, davantage capable de piloter en temps réel les flux d’information, d’énergie, de capitaux, de populations et de marchandises. Elle en appelle au génie génétique et aux biotechnologies, avec Sanofi & Cie, pour concevoir les nouveaux produits de notre alimentation, l’amélioration variétale, la chimie verte, les agrofournitures (phytosanitaires, semences), les agroéquipements intelligents, les outils d'amélioration de la performance et de la productivité des transformations. D’agro-écologie, par contre, il n’est pas question. On suit aveuglément la voie globale, industrielle, productiviste, au lieu de promouvoir une agriculture durable, naturelle, biologique, vivrière…

Les multinationales de l’énergie déploient également leur stratégie. Elles se diversifient mais elles ont encore des profits à réaliser avec les énergies fossiles et fissiles du siècle dernier, et donc des approvisionnements à assurer, des guerres à déclencher, des coups d’Etats à financer, des territoires à souiller. On repousse à trop tard la nécessaire transition écologique-énergétique.
A défaut d'attirer les emplois promis dans la recherche et l'industrie, on veut réinterroger la politique économique et « construire la ville avec le commerce ». Le projet Odysseum se positionne sur les « nouveaux modes de vie », le consumérisme, l’individualisme, le tourisme commercial, le luxe, les loisirs, l’industrie culturelle et la culture industrielle.   

Montpellier est une ville de tourisme et de congrès. On a choisi de redimensionner ses équipements d’infrastructure, d’accueil, de loisirs et de culture, à l’échelle de la démesure. Il en est de même pour la facture. La construction de l’Arena a vu son coût passer de 34,5 M€ à 72 M€. La requalification de l'A9 en boulevard urbain, la réalisation d’une déviation à l’est et d’un “barreau ouest” reliant l’A750 à l’A9, se chiffrent aux alentours de 500 M€ à la charge du contribuable ! Il faudra ensuite entretenir les infrastructures, soit 15 à 20 M€ par an. On prévoit de bâtir un nouvel hôtel 4 étoiles international, un musée d’art contemporain, une Cité du corps humain, de luxueuses galeries marchandes, etc.

Nos élus ont la folie des grandeurs. Pour édifier la ville globale, ils engloutissent l’argent public dans des projets sans justification sociale, au mépris de l’intérêt général, afin de financer de grands projets inutiles imposés, le plus souvent impulsés par l’État ou ses champions nationaux, gourmands en capitaux, générateurs de profits et de fléaux, tandis qu’on ne répond pas aux besoins sociaux.

Pour aller au bout de la démarche métropolitaine, il faut relier l’ « aéroport international » et le littoral. Car Montpellier a son aéroport international, autoproclamé, alors que la majorité des liaisons sont avec la capitale nationale. On ne vole ni très haut ni très loin au départ de Montpellier. En terme ferroviaire, il n’y a pas non plus de réseau étoilé. Le réseau étoilé, c’est celui du tramway, qui fait de nouveaux tracés métropolitains, poursuivant l’étalement urbain. Le SCOT a résumé ses objectifs en une formule : « La ville au bas de chez soi, la métropole au bout du tramway ». La ligne TGV est arrivée en 2001, reliant Montpellier à Paris en un peu plus de 3 heures. Elle a promu le tourisme, mais elle n’a pas fait venir les entreprises comme prévu. Elle favorise essentiellement les courts voyages d’affaires. Quel intérêt pour le citoyen ordinaire ?

L’endettement de l’Agglo a pratiquement doublé en 6 ans, passant de 361 M€ en 2003 à 703 M€ en 2009. Le budget communication souffre d’opacité. La dernière campagne de pub « Montpellier Unlimited » a été estimée à 5 M€. La Chambre régionale des comptes reproche à l’Agglo son train de vie trop dispendieux, « trop de voyages à l’étranger, trop de cadeaux, trop de subventions et de dépenses extérieures, des notes de frais d’hôtel qui dépassent les seuils réglementaires, l’avion utilisé comme mode de déplacement privilégié... » On déroule le tapis rouge pour Natixis, Véolia, Vinci, Effia, Areva, Nicollin et j’en oublie, et le tapis vert pour les contribuables…

Le développement durable, viable et vivable, applicable dans ses trois volets, environnemental, économique et social, n’est toujours pas d’actualité. On a réduit les enjeux aux enjeux climatiques. « A la fin de ce siècle, il est possible que la montée des eaux atteigne plus de 1.5 m. Il faut s’y préparer. Le projet doit être résilient. On ne peut pas toujours être résistant. Les digues ne suffiront pas… On peut construire en zone inondable, sous certaines conditions. »

On déplore l’étalement urbain, mais on accapare toujours plus d’espaces et de terres agricoles. Cet étalement est programmé dans le projet EcoCité sur 2500 ha, soit 50 fois la superficie d’Antigone, sur plus de 300 ha autour de la future gare TGV… « En dehors des zones agricoles et des zones naturelles à protéger, tout doit être constructible ! », prévient-on à l’Agglo… Nous savons de quoi il retourne : le SCOT nous dit clairement de quelle façon on va protéger ces zones d’exception ! On empiète sur le territoire des lagunes, en zone inondable, sans ignorer que ce choix d’expansion n’est pas dans l’intérêt des populations, mais favorise la spéculation, la bulle immobilière, la marchandisation des terres. On prépare la catastrophe, la destruction avant reconstruction, la croissance délétère. 

Si Montpellier affiche l’ambition du logement social, celle-ci doit être relativisée, vu l’émergence d’une nouvelle catégorie de logements « très sociaux ». Ces derniers ne représentent que 6% des logements, quand plus d’un quart de la population vit avec moins de 860€ par mois. M. Delafosse, adjoint à l’urbanisme, nous explique que « Montpellier a développé une architecture de qualité, qui a un coût. Plus on fait de beaux logements, plus on surenchérit. » Secchi le contredit : "Les éco-quartiers ne m’intéressent pas trop. Ce sont des quartiers d’exclusion, qui amplifient les différences entre les gens." On organise en effet une nouvelle forme de gentrification : « l’éco-gentrification ». Aujourd’hui, on construit des ZAC, des ghettos aisés, des îlots de prospérité dans une mer de pauvreté. Demain, on demandera à Secchi (s’il est toujours en vie) de raccommoder, de ressouder les fragments, de réparer les dégâts causés par le laisser-aller et le laisser-faire par les marchés. N’attendons pas demain pour remettre de l’humain dans l’urbain ! C’est ici et maintenant qu’il faut répondre aux besoins des gens.

Leur stratégie passe aussi par la conception des documents d’urbanisme, la maîtrise des outils qui fabriquent la ville, permettant à l’Agglo de « revoir à l’échelle métropolitaine, dans l’emboîtement des territoires, la question de la gouvernance urbaine. La politique urbaine, à l’échelle métropolitaine, est écrite dans le SCOT (Schéma de cohérence territoriale), le PDU (Plan de déplacement urbain), le PLH (Plan local de l’habitat), le PCET (Plan Climat Energie Territorial). »

Nous avons bien tenté de faire valoir l’intérêt général, lors de l’enquête publique sur la modification du PLU en avril-mai 2012. Au sein du Conseil Consultatif du quartier Centre, nous avions pris à cœur de remplir notre mission d’information et d’organiser la concertation avec l’ensemble des personnes concernées, notamment la population des secteurs à transformer. Mais nous avons essuyé le refus de l’Administration… Pour chapeauter la politique urbaine, on court-circuite la parole citoyenne.   

Des trois images fortes proposées pour Montpellier, aucune ne recèle une once de vérité.  

  • Montpellier: la belle vie. « Le climat est agréable », idyllique, du moins tant que le changement climatique n’aura pas produit tous ses effets… On flatte l’individualisme et le consumérisme urbain. « On imagine un grand gymnase à ciel ouvert, des piscines privées. On soigne le corps », mais pas l’esprit. On s’attache au décor, mais on oublie la vraie vie. Montpellier la belle vie ne s’occupe que des nantis.
  • Montpellier:  the place to be. « Cela fait 30 ans que Montpellier joue dans la catégorie du dessus. Par son image marketée, la réalité est advenue. Elle rêve de prendre la tête avec ses propres critères, comme le développement durable. » La contradiction vient de ses ambitions minimales, inscrites dans le Plan Climat Energie Territorial.
  • Montpellier l’humaniste. « Accueillante et tolérante, socialement apaisée, les cultures doivent coexister ». Pendant qu’on nous chante la curée, la violence explose dans les quartiers défavorisés, dans les banlieues reléguées de Montpellier.

Il faut apprendre à « faire ensemble » pour mieux « vivre ensemble ». La « Ville intelligente » ne se construira pas avec les ingénieurs d’IBM, à coups de technologies renforçant le contrôle de tout et de tous, atomisant les gens derrière leurs écrans. Elle adviendra avec ses habitants. Les questions qui nous concernent ne doivent plus être débattues dans des forums fermés par des professionnels de la politique. Le Souverain doit reprendre ses affaires en main.

Commentaires (2)

1. Jean-Jacques M’U (site web) 23/01/2013

Belle analyse qui prend en considération jusqu'aux contradictions des populations.

2. Antoine Sa... 20/03/2014

Nul. L'aménagement de la ville est un des domaines clés pour mieux vivre. Avec des arguments raz des paquerettes vos refusez de vous impliquez dans notre ville. Pour une fois qu'en France on anticipe et que l'on consulte les gens.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site